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Crises humanitaires

Des femmes transportent de l’eau dans un camp de réfugiés au Soudan du Sud, en décembre 2012. © Fondation Hirondelle / Gwenn Dubourthoumieu

Problématique

Le monde fait face à un nombre croissant de crises humanitaires dues à des conflits ou des catastrophes naturelles. En 2015 seulement, les montants investis dans l’assistance humanitaire au niveau global s’élèvent à 28 milliards US$ (Synthesis of the Consultation Process for the World Humanitarian Summit, Executive summary p. 2). Pourtant, les besoins grandissent plus rapidement que les moyens mis à disposition pour y répondre. Les acteurs de l’assistance humanitaire sont ainsi poussés à faire évoluer leurs pratiques. Ils doivent gagner en efficacité, en transparence et plus que jamais, mettre les populations affectées au centre des réponses apportées. Le Sommet Humanitaire Mondial de 2016 recommande ainsi que "[Les personnes touchées par les crises devraient avoir davantage voix au chapitre dans l'action humanitaire, y compris grâce à de meilleurs mécanismes de communication et de feedback » (Synthesis of the Consultation Process for the World Humanitarian Summit).Pour mettre en œuvre cette recommandation, les acteurs de l’aide humanitaire doivent pouvoir s’adresser à des médias crédibles et jouissant d’un fort ancrage local.

En effet, dans les contextes de crise humanitaires, l’information est « en soi » un bien de première nécessité des populations affectées. Par un travail d’information fiable, en temps réel et rendu accessible au plus grand nombre, les médias facilitent la réponse des acteurs humanitaires à d’autres besoins essentiels tels que la distribution de nourriture et de soins, les mesures de protection et la reconstruction de liens sociaux.

Des médias professionnels traitent des incidents de sécurité majeurs, ils fournissent un travail de fact checking pour désamorcer les rumeurs et relayent les appels au calme. Ils informent sur le développement de la situation générale et les possibilités de se déplacer vers des zones sécurisées. Les médias peuvent aussi contribuer à la réorganisation de la vie quotidienne, à la fourniture de services publics, à l’appel aux compétences locales. Ils alertent les autorités locales et accompagnent leurs initiatives et celles de la communauté internationale. Ils participent à la reconstitution du lien social, et jouent un rôle de « compagnon » face au sentiment d’isolement. Ils libèrent la parole sur les traumatismes et facilitent l’expression de solidarités.

Des réfugiés transportés dans un camp de transit au Soudan du Sud, en décembre 2012. © Fondation Hirondelle / Gwenn Dubourthoumieu

Notre approche

Dans les contextes de crises humanitaires, l’activité de la Fondation Hirondelle s’articule autour de deux axes :

  • Les médias comme réponse aux besoins d'informations de service :

    Nous produisons et diffusons auprès des populations affectées et dans les langues locales des messages de service sur des thématiques telles que l’alimentation, la santé, les déplacements de populations, la sécurité, le droit humanitaire ou les droits humains.

  • Les médias comme réponse aux besoins d’informations généralistes et de dialogue :

    Un travail d’information factuelle, fiable et d’intérêt général est primordial dans les contextes de crise humanitaires. Il permet aux populations affectées de mieux comprendre le contexte dans lequel elles se trouvent, de contrer la rumeur et de renforcer leur résilience.
    Des programmes médiatiques interactifs, de dialogue et donnant la parole aux populations affectées leur permettent de mettre des mots sur leur détresse et leurs besoins. Ils contribuent ainsi à répondre à une détresse psychologique et à réduire la souffrance. Ils favorisent également le flux d’information « bottom-up » en donnant la parole aux personnes concernées sur la façon dont l’aide humanitaire est apportée. Ils renforcent ainsi leur participation.

Reportage de Radio Miraya dans un hôpital du Soudan du Sud en août 2012. © Fondation Hirondelle / Marc EllisonLa Fondation Hirondelle crée ou soutient des médias qui incarnent les valeurs humanitaires, en particulier celles d’humanité, d’impartialité et d’indépendance. Ces valeurs sont ancrées dans nos chartes et codes. Nous les mettons en œuvre en orientant nos approches informatives en fonction des besoins les plus pressants des populations affectées. Nous pratiquons un journalisme de proximité, basé sur la vérification de l’information, la multiplicité 
des sources, une distinction stricte entre les faits et les commentaires. Nos programmes de dialogue inclusif sont régis par des règles strictes du respect du temps de parole et d’une représentativité de la diversité des points de vue pour garantir leur équilibre et leur impartialité.

La Fondation Hirondelle a plus de 20 ans d’expérience médiatique dans des contextes de conflits, post-conflit ou de crises humanitaires tels qu’actuellement la République démocratique du Congo, la Centrafrique, le Mali et par le passé, le Soudan du Sud, le Libéria, le Kosovo, par exemple. Nous évaluons les paysages médiatiques et les besoins en informations des populations locales. En fonction de ces évaluations, nous pouvons déployer des capacités multimédias d’un niveau local à un niveau global, ceci à travers le soutien ou la création de radios, de studios de production en liens avec nos réseaux de radios ou de TV partenaires, de site web dédiés et la gestion de réseaux sociaux associés.

Reportage d’un journaliste de Radio Ndeke Luka au marché de Bangui, Centrafrique, février 2017. © Fondation Hirondelle / Marc EllisonPar exemple, en République Centrafricaine, un pays traversé par des crises récurrentes, nous accompagnons depuis 17 ans Radio Ndeke Luka (RNL), une radio généraliste d’information, de dialogue et de service au public, considérée comme le média de référence dans le pays. Radio Ndeke Luka est une radio indépendante capable de couvrir l’ensemble du territoire centrafricain 24h/24, en direct en FM dans les grands pôles urbains, en ondes courtes pendant deux heures par jour et via le bouquet Canal Satellite Afrique. RNL s’appuie également sur un réseau de radios communautaires qui reprend ses programmes pendant une heure par jour. RNL offre une capacité unique à informer en direct sur les événements du pays, et promouvoir les actions humanitaires en RCA. Les programmes sont proposés en français et en sango.

 

Résultats / Outcomes

  • Les besoins des populations affectées sont mieux pris en compte par les autorités et les acteurs humanitaires ;
  • Les messages des acteurs de l’aide humanitaire sont mieux pris en compte par les populations grâce à des canaux médiatiques dans lesquels elles ont confiance ;
  • Des espaces de dialogues sont créés entre les acteurs humanitaires et représentants des populations affectées sur l’adéquation des réponses à apporter et le renforcement de la participation des acteurs locaux.

 

Exemples et témoignages

  • Devant l’entrée de Radio Ndeke Luka à Bangui, en février 2017. © Fondation Hirondelle / Marc Ellison

    En République Centrafricaine

    Le chef de mission de Médecins sans Frontières (MSF), à Bangui, a souligné le rôle clé que RNL a joué pour aider les victimes des affrontements du 26 septembre 2015 à Bangui. Alors que des barrages étaient érigés sur les principaux axes routiers de Bangui, c’est à travers RNL que MSF a pu passer des messages pour ceux et celles qui devaient emmener des blessés aux centres de santé.
  • Reportage d’un jeune journaliste du Studio Hirondelle Guinée sur l’épidémie de fièvre Ebola à Conakry, en novembre 2015. © Fondation Hirondelle / Tristan Miquel

    En Guinée

    L’action du Studio Hirondelle Guinée (SHG) pour l’information des populations sur l’épidémie d’Ebola qui a frappé le pays en 2014/2015 a été saluée par le Ministre de la santé, par l’UNICEF et par les ONG internationales actives pour contrer l’épidémie. Le travail du SHG a permis d’éviter des débordements et d’apporter aux plus démunis une information factuelle et crédible sur le virus Ebola et les attitudes à adopter pour éviter sa propagation
  • Un journaliste de Studio Tamani en reportage dans un centre de santé à Bamako, Mali, en septembre 2016. © Fondation Hirondelle / Sébastien Rieussec

    Au Mali

    Studio Tamani au Mali : un programme d’information suivi par plus de 1,6 millions de personnes de + de 15 ans chaque jour, une source d’information fiable sur les crises humanitaires frappant des populations du pays :
    • Notre reportage et article sur la reprise des activités du CICR à Kidal dans un contexte sécuritaire difficile :
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    • Notre reportage sur les risques de pénurie d'eau à Kidal (25 février 2016) :
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