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Studio Tamani (Mali):La CMA suspend sa participation au CSA

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La Coordination des Mouvements de l'Azawad a suspendu sa participation au Comité de Suivi de l'Accord. Cette décision a été rendue publique dans un communiqué signé par le président en exercice de la CMA Alghabass Ag Intalla.

Le document remis par la CMA daté du 19 décembre, justifie cette décision par la hausse des violences et l'absence de progrès en matière de réformes de la part du gouvernement malien. La Coordination estime que 18 mois après la signature aucun des points inscrits dans la période intérimaire n'ont été opérés de façon concertée entre les parties. La CMA dénonce également les violations répétées selon elle du cessez-le-feu, les atteintes aux droits humains et le déplacement forcé des populations. Les responsables de la Coordination mettent en cause la prolifération des groupes armés encouragés et entretenus selon eux, par le gouvernement dans le but d'entraver la mise en œuvre de l'accord. Enfin la CMA pointe la difficulté pour la médiation internationale à encadrer et faire respecter les engagements pris. Toutefois, signe que cette suspension pourrait n'être que temporaire, le communiqué appelle de ses vœux une rencontre de haut niveau avec les médiateurs, afin "de sauver l'accord et de préserver la crédibilité du processus ».

Sur Twitter, une branche de la CMA a déclaré sans plus de précisions qu'elle continuerait de participer aux aspects du processus de paix touchant à la sécurité.

Du côté de la Plateforme, on ne souhaite pas se prononcer sur la décision de la CMA, toutefois, ses responsables reconnaissent un blocage dans la mise en œuvre de l'accord. Pour autant ils se réjouissent de la mise en place des patrouilles mixtes à Gao qui constituent selon eux, une avancée.

Le chef de file de la médiation Chebihi Boualem espère que « les questions liées à l'inclusivité apparues au cours de cette session pourront être surmontées avant la prochaine réunion du CSA en 2017.

 

Studio Tamani (Mali): Tombouctou : un an après l'assassinat des 3 jeunes, l'enquête n’évolue toujours pas.

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L'enquête sur l'assassinat de trois jeunes survenu le 17 Décembre 2015 à Tombouctou n'avance toujours pas. Un an après ce drame, la jeunesse de Tombouctou réclame que justice soit faite sur cette affaire.
Les trois jeunes ont été froidement abattus avec des armes à feu à Tombouctou devant la radio associative chrétienne « Tahanint » (la grâce miséricorde). L'une des victimes travaillait dans cette station. L'annonce de cette nouvelle avait provoqué un vif émoi dans la ville. Suite à ce drame, les responsables des radios de Tombouctou ont suspendu leurs programmes de diffusion pendant trois jours. Par ce mouvement, les radios de Tombouctou ont exprimé non seulement leur compassion aux victimes, mais également réclament plus de sécurité dans la ville.
Jusqu'à présent peu d'informations filtrent sur les circonstances et les mobiles de cet assassinat. Mais selon les premières constatations , le forfait aurait été commis par un seul individu. De sources locales, des militaires maliens ont été entendus et seraient impliqués dans cet assassinat.
Le mouvement de jeunes Cram-cram a organisé une marche ce week-end à Tombouctou pour rendre hommage aux trois jeunes tués et a demandé aux autorités régionales que toute la lumière soit faite sur les circonstances de cet assassinat.
Pour le collectif « une année sans justice sur cet incident est inacceptable ». Il demande la coopération des autorités pour rendre justice.
Ibrahim Amadou est le coordinateur du collectif Cram-Cram. Il est joint au téléphone par Moumine Sindébou
« Cette marche nous l'avons organisé pour rappeler à nos autorités que nous pensons encore à nos trois amis que nous avons perdu le 17 décembre 2015. Ça fait une année que nous ne savons pas à quel niveau se situe l'enquête.
Si trois jeunes ont quitté cette vie. Ils ont été lâchement assassinés, ils n'ont fait du tord à personne. Demain nous nous demandons qui seront les prochains. Nous, jeunesse de Tombouctou, nous allons tout faire pour savoir ce qui s'est passé pour nous apprêter. Si vraiment on laisse un tel crime sans être juger, sans savoir ce qui s'est passé, c'est notre avenir qui est menacé. C'est la jeunesse de Tombouctou qui est en danger. Nous avons juste besoin de savoir la vérité. Un an sans justice, c'est vraiment trop ».

Studio Tamani (Mali): MOC à Gao : 200 éléments de la CMA manquent encore à l'appel

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Ce sont au total quatre cent hommes, deux cent éléments des FAMAs et deux cents combattants de la Plateforme qui sont désormais regroupés à Gao. Selon le responsable du MOC dans cette région, le programme à ce stade se concentre sur des instructions quant au mécanisme et la préparation des patrouilles mixtes.
Le regroupement qui a commencé depuis le 5 décembre se déroule sans les combattants des groupes de la CMA. Une absence dont le responsable du MOC à Gao affirme ne pas connaître les raisons.
Le comité de suivi avait annoncé lors de sa dernière réunion le démarrage du Mécanisme opérationnel conjoint dans les régions de Gao et Kidal pour le 10 décembre au plus tard. Six cent hommes, soit deux cent pour chaque partie, étaient prévus pour le début de ces opérations.
Considéré comme l'une des étapes essentielles de la mise en œuvre de l'accord, le MOC doit permettre le démarrage des patrouilles mixtes et la sécurisation des populations. Il doit aussi permettre de faciliter le processus de réintégration des ex combattants dans l'armée.
Pour les responsables de la CMA il ne s'agit pas d'absence, mais d'un retard dû à des problèmes d'organisation et de déplacement. Selon Ambéry Ag Rissa, membre de la CMA, les deux cent éléments de la Coordination devraient rejoindre ceux de la Plateforme et les éléments des FAMas « très prochainement ».
Ambéry Ag Rissa responsable de la CMA est joint par Sékou Gadjigo :
« En réalité ce n'est pas une absence, c'est juste un retard. Les Famas et la Plateforme sont réunis parce qu'ils sont déjà à Gao. Vous comprenez ce que je veux dire. Alors que les combattants de la CMA sont dans toutes les régions. Il va falloir les réunir et je crois qu'ils sont déjà réunis, les acheminer et les sécuriser aussi pendant l’acheminement. Je crois que c'est en bonne voix ».
Est ce qu'on doit s'attendre à l'arrivée des membres de la CMA dans les jours, les semaines à venir ?
« Oui en principe. Il n'y a aucune obstruction à part ce que je viens de vous dire. Il faut qu'ils soient rassemblés ensuite que les éléments soient acheminés dans de bonnes conditions parce que la route Gao-Kidal est une route dangereuse pour les véhicules. Ils enlèvent des véhicules, ils tuent les gens. Donc il y a tout ça ».

Studio Tamani (Mali): Insécurité : plus de 400 écoles fermées dans le Nord et le Centre du pays

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Le nombre d’écoles fermées dans les régions affectées par l’insécurité dans le nord et le centre du pays a augmenté cette année par rapport à l’an dernier. On estime que le nombre des écoles qui sont restées fermées à la rentrée a augmenté d'un tiers par rapport à la rentrée 2015. A ces problèmes d'insécurité, s'ajoute pour les élèves la défaillance des repas scolaires.

 

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Lors de la rentrée scolaire en octobre dernier, 421 écoles étaient fermées, c'est 120 de plus qu'à la fin de l’année scolaire de juin de cette année. Cela est dû en général à la reprise des combats entre groupes armés ainsi qu’au climat de violence et de peur liée aux actes terroristes enregistrés dans certaines localités du centre et du nord du pays.
Des individus armés ont aussi demandé la fermeture d’établissements scolaires par endroits. De plus, certaines écoles et enseignants ont été ciblés par des actes de banditisme. La seule région où le nombre d’écoles fermées n’est pas en hausse est Tombouctou. Les régions de Gao, Kidal et Ségou ont pour leur part enregistré les augmentations les plus significatives du nombre d’écoles fermées.
A cette situation s'ajoute celle de milliers d’enfants privés de repas scolaires. Le Programme Alimentaire Mondial a annoncé qu’il ne pourra pas fournir des repas scolaires à l’ensemble des enfants dans le besoin, en raison d’un manque de financement. 400 écoles, comptant environ 69 000 élèves, ne pourront pas être assistées faute des fonds nécessaires.
Dans le cercle de Tessalit sur les 26 écoles, seulement 11 sont ouvertes. Dans toute la région de Kidal, sur 71 établissements, une vingtaine seulement sont accessibles. Cette situation inquiète les responsables scolaires de la région qui fondent beaucoup d'espoir sur la mise en place des autorités intérimaires. Selon eux, leur installation pourrait rassurer les enseignants .
Akli Ag Waccawalène est Directeur du Centre d'Animation Pédagogique de Tessalit. Il est joint au téléphone par Issa Fakaba Sissoko :
"C'est une situation qui inquiète parce que nous n'avons même pas atteint les 50 % d'écoles pour la circonscription. C'est valable pour toute la région. Le plus grand problème auquel nous sommes confrontés, en plus l'insécurité, c'est surtout le manque de personnel enseignant. Les enseignants sont restés dans le sud du pays. Il y a la cause de l'insécurité, mais il y a aussi le mot d'ordre du syndicat des enseignants. Le syndicat demande à ses militants de ne venir au nord que lorsque les autorités seront en place, les autorités administratives, la police, la gendarmerie.
Concrètement qu'est ce qui est en train d'être fait pour trouver une solution à ça ?
Concrètement on ne voit pas de solution immédiate. Mais si les autorités intérimaires sont installées dans les différentes villes et circonscriptions, nous pensons qu'il y aura une possibilité de réouverture. Mais le fait d'ouvrir déjà une vingtaine d'écoles dans la région, moi je pense qu'on a beaucoup fait. C'était un gros défi après cinq années de fermeture des écoles. C'est vraiment une performance".

Studio Tamani (Mali): Maouloud 2016 : Une fête sous haute sécurité

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La communauté musulmane du Mali célèbre ce soir le Maouloud, cérémonial marquant la naissance du Prophète Mohamed (Paix et salut sur lui). Cette fête religieuse intervient cette année dans un contexte sécuritaire tendu marqué par la fermeté de l'état d'urgence et la peur d’attaques terroristes. Selon les leaders religieux, des centaines de milliers de fideles musulmans prieront ce soir dans le respect des consignes de sécurité données par les autorités pour le retour de la paix et de la cohésion sociale.

El hadj Mahamadou Moussa Diallo, imam de la grande mosquée de Torokorobougou et 2e vice président du Groupement des leaders spirituels musulmans du Mali est joint au téléphone par Idrissa Sako :
« Le Prophète, de son vivant n’a pas célébré comme nous le faisons aujourd’hui. Mais si on n’est pas dans un esprit sectaire, on trouvera que la majorité des savants musulmans sont d’avis que le musulman peut quand même célébrer sa joie, vraiment vis-à-vis d’un événement heureux. Comment c’est venu, c’est un autre débat. Vous savez qu’il y a des musulmans aussi qui ne sont pas sincères, si je peux m’exprimer ainsi, par ce qu’il y en a qui pense que c’est une affaire de chiite, alors qu’il y avait un roi en Irak qui s’appelle Al Malick Al Mouzafar Malick Koukoubri, qui a commencé vraiment à célébrer l’anniversaire du Prophète (paix et salut sur lui). Il égorgeait des milliers de bêtes pour donner à des gens qui venaient fêter la naissance du Prophète (paix et salut sur lui). Je peux vous dire que le Maouloud est fêté aujourd’hui à travers le monde : en Afganistan, en Iran, en Irak, au Koweït, en Arabie saoudite aujourd’hui et partout dans le monde. Au Mali, en Afrique, en Asie et ailleurs, partout on célèbre le Maouloud ».

Pour assurer le bon déroulement de la fête de Maouloud , les forces de sécurité maliennes ont déployé un important dispositif de sécurité à Bamako et ses alentours. Depuis ce matin, plusieurs patrouilles sillonnent la ville, des instructions ont été également données aux chefs d'unités pour identifier et sécuriser tous les lieux de prêches. Le Commissaire Divisionnaire, Siaka B Sidibé, directeur régionale de la Police de Bamako invite la population à respecter les consignes sécuritaires des organisateurs de prêche et des forces de l'ordre .IL est joint au téléphone par Moumine Sindébou
« On a pris effectivement des dispositions sécuritaires pour pouvoir assurer le bon ordre et la sécurité à l’occasion du Maouloud. Ce matin déjà, les dispositions ont été prises pour faire des patrouilles et des instructions ont été données aux chefs d’Unités pour identifier tous les lieux où il y aura des prêches ou de regroupements des personnes. Des cartes d’ordre ont été également établies pour sécuriser les lieux publics qui vont abriter les prêches. Au delà de ça, il y a également des éléments qui vont sillonner la ville. Je conseillerais aux uns et aux autres de faire attention lors des déplacements, car la circulation en ce jour est très dense sur les lieux de prêche ou de regroupement. Il faut aussi se conformer aux consignes des organisateurs et également les services chargés de la sécurité. Aussi je demanderai à tout le monde de faire recours aux forces de sécurité qui sont à leur disposition en cas de besoin ».

Pour certains observateurs, les fideles musulmans doivent faire preuve de vigilance et bien coopérer avec les forces de sécurité pour éviter toute éventualité. Selon eux « les groupes terroristes profitent généralement des jours de fête ou de regroupements pour commettre leurs attentats ».
Serge Daniel analyste est joint au téléphone par Adama Amdou Haidara.
« Il ne faut pas le souhaiter, mais la menace est permanente. Parce que, les principes chez les djihadistes, c'est de profiter toujours d'une fête pour commettre un attentat. On a connu ça dans le passé, mais si vous faites quand même attention, la sécurité est renforcée. Vous voyez des check points. Vous voyez maintenant et ça c'est du nouveau à Bamako, de manière ambulante, vous voyez des forces de sécurité armées près des carrefours. Ça participe aussi à la dissuasion. Et ça participe à la lutte contre le terrorisme. A la veille de Maouloud, il est évident qu’il faut faire plus attention que d'habitude.»