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Studio Kalangou : une année au service de la population du Niger

Kalangou

Studio Kalangou, le programme d’information de la Fondation Hirondelle au Niger, a fêté son premier anniversaire le 18 janvier 2017. Un an plus tôt, le lundi 18 janvier 2016, l’équipe composée de journalistes et techniciens nigériens, encadrés par le Rédacteur en chef et la Représentante de la Fondation Hirondelle au Niger démarrait la production des premiers journaux de Studio Kalangou en haoussa, zerma et français.

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La coopération suisse soutient le programme 2017 / 2018 de la Fondation Hirondelle

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Visite de l'actuelle Présidente de la Confédération Suisse, Mme Doris Leuthard, au studio de la Fondation Hirondelle lors de la COP 22, conférence sur le changement climatique, à Marrakech en novembre 2016.

La Direction du développement et de la coopération (DDC) de la Confédération Suisse renouvelle son soutien à la Fondation Hirondelle pour les deux années à venir. Son directeur Manuel Sager et le Chef des partenariats institutionnels, Konrad Specker, ont signé jeudi 12 janvier à Berne avec la Directrice générale de la Fondation Hirondelle, Caroline Vuillemin, et la Présidente du Conseil de fondation, Romaine Jean, un contrat de financement de 5 480 000 Francs Suisses (CHF) pour 2 ans. Ce montant représente environ 20 % du budget général de la Fondation Hirondelle pour cette période. Ce contrat est signé dans le cadre du partenariat institutionnel mis en œuvre par la DDC avec 26 organisations suisses à but non lucratif. Un groupe d’organisations reconnues pour la qualité de leur travail et la pertinence de leur mission d’intérêt général, dont la Fondation Hirondelle fait partie depuis 2013.

Le financement de la DDC soutient la stratégie, les objectifs et les activités développés par la Fondation Hirondelle pour 2017/2018 dans le cadre de son programme quadri-annuel 2017/2020. L’objectif global que s’est fixée la Fondation Hirondelle dans ce programme est de « contribuer à rendre effectif le droit à l’information en donnant accès aux populations, dans ses zones d’intervention, à des media de qualité dont les contenus sont utiles, non partisans, et indépendants afin de permettre à chaque individu de faire des choix informés dans sa vie, et de participer à la vie citoyenne et démocratique de son pays. » Les activités mises en œuvre pour atteindre cet objectif sont structurées sous 4 axes : produire et diffuser des programmes d’information et de dialogue pour des populations confrontées à des crises ; soutenir et former des médias indépendants et de service au public ; pérenniser ces médias et actions médiatiques ; développer les projets de recherche et la participation aux réseaux de réflexion et d’échanges sur le rôle des médias et de l’information.

Depuis plus de 20 ans, l’identité journalistique et suisse de la Fondation Hirondelle lui a permis de développer son approche spécifique, ses outils et ses capacités d’adaptation et de renouvellement pour répondre aux besoins des populations qu’elle a pour mission de servir. La période actuelle est celle de nombreux questionnements sur le rôle des médias, du journalisme, et de l’information factuelle face aux crises du monde. La Fondation Hirondelle plus que jamais défend son approche d’une information professionnelle et responsable, qui permette à des populations confrontées à des problématiques vitales d’y faire face. Pour relever les défis de sa mission, la Fondation Hirondelle travaille à identifier de nouveaux partenaires opérationnels et financiers. Le soutien et la confiance de la coopération Suisse sont d’autant plus précieux dans ce contexte.

JusticeInfo.net: La semaine de la justice transitionnelle : écrire l'histoire

  • Catégorie : Actualité

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L’écriture de l’histoire a été au cœur de la justice transitionnelle cette semaine.  En Tunisie, en Palestine, en Israël ou au Rwanda. La justice transitionnelle n’est pas seulement faite de mécanismes juridiques, de procès et de condamnations. Les processus de réconciliation passent aussi par une relecture commune d’un passé divisé.

Ainsi au Rwanda, seul pays victime d’un génocide où victimes et bourreaux se sont retrouvés à (re) vivre ensemble. Notre correspondant au Rwanda Emmanuel Sehene Ruvugiro est revenu à Gisenyi sur le lieu d’un des massacres du génocide de 1994, surnommé la « Commune rouge ». « Rouge » comme le sang des victimes à qui l’on faisait croire qu’ils allaient aller voir le bourgmestre de la commune de Gisenyi. Ruvugiro a rencontré les parents des tutsis massacrés comme Innocent Kabanda, qui était alors âgé de 13 ans. Kabanda raconte : «  Au petit matin du 7 avril 1994 un groupe de miliciens vient appréhender mon père en lui expliquant qu’ils l’emmènent à « la Commune ». Mon père pense que ces jeunes miliciens vont le conduire devant le bourgmestre (maire) de l’endroit, un ami à lui. Muni de sa carte d’identité, il prend ainsi la route, encadré par les miliciens. Nous ne le reverrons jamais ».

Ruvugiro raconte aussi l’histoire de Sœur Felicita, une religieuse hutue qui protégeait des tutsis, massacrée elle aussi à la « Commune rouge » : « Au cimetière des Héros nationaux à Kigali, où se trouve sa tombe symbolique, il n’y a que sa photo, car son corps, jamais retrouvé, repose avec ceux de ses protégés, dans le silencieux anonymat de la « Commune rouge ».

La Tunisie qui a connu un passé moins tragique essaie de composer aussi avec son histoire. Avec pour enjeu, les manuels scolaires. Notre correspondante Olfa Belhassine explique : « La troisième étude duBaromètre de la justice transitionnelle, un mécanisme de recherche sur la justice transitionnelle, a pour objectif de réformer les manuels d’histoire. Dans ses recherches de terrain avec les rescapés de la dictature et sur les « régions victimes » de Tunisie, un sentiment persiste celui de l’oubli officiel, sinon du déni volontaire d’événements historiques de dimension dissidente”.  Une omission vue comme : “une menace pour la mémoire d’autant plus que six ans après la révolution, seules de petites retouches ont été introduites dans les manuels d’histoire”.

Ce même souci est partagé par Said Abu Shakra, un Arabe israélien, qui a comme mission et ambition d’établir le premier musée palestinien dans l’Etat hébreu dans sa ville d’Umm-el-Fahem, 50 000 habitants. Avec la culture, avec un musée sur l’histoire du peuple palestinien, Said Abu Shakra espère sauver les jeunes de sa ville du désespoir et de la violence : « Les jeunes d’Umm-el-Fahem ont besoin d’espoir. S’ils sont humiliés et marginalisés, s’ils sont désespérés par la société israélienne, alors ils deviendront violents. Si au contraire, ils trouvent le chemin de leur fierté, alors ils canaliseront positivement leur énergie”.

Said Abu Shakra pense que les Israéliens comprennent et partagent son espoir.

Pierre Hazan, conseiller éditorial de JusticeInfo.net explique : “Aux visiteurs israéliens, Said Abu Shakra ne parle pas de la Nakbah ( NDLR en arabe la “catastrophe”, l’exode forcé des Palestiniens en 1948) : « Je parle de ma mère, Myriam, née dans le village de Lajoum sur lequel s’est construit un kibboutz. De ce qu’elle a vécu, Comment elle avait entreposé la nourriture dans un coin de la cuisine recouvert par un drap, car elle était sûre de revenir 48 heures plus tard. Mais cela n’a jamais été possible. Et les visiteurs alors connectent émotionnellement. A travers cette histoire, ils ne voient pas un million et demi de Palestiniens qui ont un passeport israélien et qui les menacent. Ils entendent l’histoire de Myriam ».

C’est une histoire que revendique ainsi l’historien français Patrick Boucheron dans sa leçon inaugurale au Collège de France : “Car l’histoire peut aussi être un art des discontinuités. Elle trouble les généalogies, inquiète les identités et ouvre un espacement du temps où le devenir historique retrouve ses droits à l’incertitude, devenant accueillant à l’intelligibilité du présent”.

François Sergent

RDC: Kamina: 8 démobilisés accusés d’avoir enterré vifs leurs collègues

  • Catégorie : Actualité

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Les faits remontent à la nuit du 21 au 22 septembre 2016, rappellent les avocats de la défense et d’autres personnes contactés  sur place à Kamina par Radio Okapi.

Les ex-combattants Hutu, qui sont à la barre, auraient tué ou enterré vifs dans une fosse commune seize  démobilisés du groupe éthique Ngiti, cantonnés aussi à la base militaire de Kamina, en attente de leur retour en famille. Les hutus estimaient que les Ngiti étaient favorisés dans le choix de ceux  qui devaient  être retournés dans leurs milieux d’origine, selon l’acte d’accusation.

Parmi les témoins, se trouve l’un de ceux qui étaient enterrés vifs. Le même témoin a affirmé avoir réussi à s’échapper de la fosse.

A cette troisième audience, les huit prévenus ont plaidé coupable en indiquant qu’ils agissaient sous ordre de leur chef. Ce dernier est rentré dans son village il y a trois semaines.

Ainsi, la défense a demandé au tribunal de faire comparaître le cité, considéré comme pièce maitresse dans cette affaire. Le tribunal militaire de Kamina a demandé à l’auditorat de Goma de tout faire pour ramener cet ancien combattant à Kamina.

La prochaine audience de ce procès, financée par la MONUSCO, a été fixée au mercredi 19 janvier. Le tribunal va se rendre sur le lieu du crime, où les corps des victimes seront exhumés.

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Studio Tamani (Mali): Sommet de Bamako : “des terroristes arrêtés” par Barkhane dans le nord du Mali

  • Catégorie : Actualité

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De présumés terroristes qui “voulaient attaquer le sommet de Bamako”. Ils ont été arrêtés dans le nord du pays peu avant le sommet Afrique-France. L'information a été communiquée hier par des sources sécuritaires maliennes et occidentales.

Selon des sources sécuritaires "les forces spéciales françaises ont arrêté dans le nord du Mali, peu avant le sommet, des terroristes qui avaient des plans d'attaque de Bamako". A ce stade, aucune information n'a été communiquée sur le nombre de personnes arrêtées.
Interrogé hier dans la journée, le ministère français de la Défense n'a pas démenti. D'autres sources sécuritaires occidentales ont indiqué qu'“un attentat sur Bamako en préparation a été déjoué. De futurs kamikazes ont été arrêtés au nord. Sur eux, on a retrouvé un portable duquel ils venaient d'envoyer un message d'adieu à leurs parents”.
La source sécuritaire malienne a encore précisé que "les Français ont joué un rôle essentiel pour que la sécurité du sommet soit assurée". Elle a par ailleurs révélé que “ces arrestations ont permis de procéder à d'autres arrestations de suspects à Bamako, et de découvrir que des jihadistes emprisonnés organisaient de leur côté un plan d'évasion”. Les services de sécurité ont indiqué que "bien avant le sommet, il était clair que les terroristes avaient prévu des actes de sabotage et que tout a été mis en œuvre pour les empêcher de passer à l'acte".

Le directeur général de la police malienne a confirmé l'arrestation de suspects à Bamako. Toutefois, il signale qu'ils ont été libérés faute de preuve. Moussa Ag Infahi rassure aussi que le dispositif sécuritaire mis en place pour le sommet Afrique-France sera maintenu.
Le directeur général de la police nationale est joint au téléphone par Hamadoun Hama Maiga :
“Vous avez constaté vous-même que tout Bamako était sécurisé et même au-delà de Bamako. Parce que nous avons des patrouilles engagées en profondeur. Nous avons le secteur dans lequel s'est tenu l'activité, c'est-à-dire le CICB, l'hôtel Salam, la cité administrative, ces zones étaient isolées. Pour y accéder, il fallait passer par des check-points prédéfinis. Autour de ces check-points, il y avait des opérations de déminage. Il y avait des chiens et des appareils qui permettaient de détecter tout engin explosif placé d'une manière ou d'une autre dans un endroit avec le contrôle des occupants des véhicules. Nous avons aussi mis un dispositif sur le fleuve Niger pour surveiller les berges et passer entre les trois ponts de Bamako.
Il y a eu quelques alertes mais qui ont été bien contrôlées et bien analysées. C'est ce qui a permis qu'il n'y a pas eu d'incident.
Nous avons interpellé quelques personnes soupçonnées mais sur lesquelles il n'y avait rien d’avérer.
Le dispositif continue parce que, nous sommes dans un contexte où il faut rester vigilant. La menace n'est pas entièrement écartée mais elle existe. Donc, c'est pourquoi nous veillons sur les dispositifs".

Radio Ndeke Luka: RCA : Retrait des casques bleus de Bozoum, la population s'inquiète

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La population de Bozoum dans l'Ouham-Pendé s'inquiète du retrait « clandestin » des Casques bleus camerounais de la Minusca de Bozoum. Retrait complètement amorcé dans la nuit du 14 au 15 janvier.  

Selon les informations recueillies par RNL, avant de se retirer « clandestinement » de Bozoum, les soldats camerounais de l'ONU ont « détruit leur base emportant même les portes et les fenêtres », laissant, selon nos sources, « un lieu délabré ».  

Un acte que regrette Noël Démbo, président de la délégation spéciale de la commune de Bozoum, qui ne comprend pas pourquoi « les autorités locales ne soient pas informées de ce départ ». 

Surprise, la population de son côté n'arrive pas à expliquer cette attitude, qui en l'absence d'une relève, fait monter l'inquiétude dans la ville. Pour elle, cette présence des militaires onusiens permettrait quelque peu de « rassurer ».

Qu'à cela ne tienne et afin de maintenir la « sécurité » dans la localité, le président du Conseil local de la jeunesse, selon nos sources, a « mobilisé les jeunes en groupe d'auto défense ». Il a par ailleurs lancé un appel au gouvernement centrafricain sollicitant le « déploiement en urgence d'une unité des Forces Armées Centrafricaines  dans la localité ».

C'est depuis le mois de novembre 2016 que les soldats camerounais de la Minusca ont entamé leur « retrait » de cette localité en proie depuis un certain temps à une recrudescence de l'insécurité.

Le Studio Hirondelle Guinée innove dans ses programmes et recherche de nouveaux partenariats

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Le projet de la Fondation Hirondelle en Guinée innove dans son offre aux radios rurales. Pour cette année 2017, la rédaction du Studio Hirondelle Guinée, en plus d'un journal quotidien en 4 langues, produit également depuis Conakry un mini-magazine donnant un éclairage aux auditeurs sur un sujet de l'actualité. Ce mini-magazine peut aussi être produit à la demande pour des partenaires souhaitant renforcer l'information et les messages d'éveil et de sensibilisation sur leurs sujets d'interventions ou actions.

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JusticeInfo.net: Rwanda : « la Commune rouge », sinistre lieu d’administration de la mort en 1994

  • Catégorie : Actualité

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Au moment du génocide des Tutsis en 1994, la préfecture de Gisenyi, dans le Nord-Ouest du Rwanda, était, comme toutes les entités territoriales de cet échelon, subdivisée en communes. Mais sur la carte administrative de l’époque, la « Commune rouge » n’apparaît nulle part. Loin de renvoyer à une quelconque entité administrative, ce terme désigne un cimetière où les Tutsis étaient souvent emmenés et mis à mort en 1994 avant d’être jetés dans une fosse commune lorsqu’ils n’étaient pas simplement enterrés vifs.

Vu de loin, l’endroit ressemble aujourd’hui à un vaste terrain vague. Environ trois hectares. De plus près, en dépit de la hauteur de l’herbe mal entretenue, on distingue des stèles érigées sur certaines tombes. Selon les épitaphes, les morts identifiés y ont été enterrés avant le génocide des Tutsis en 1994. C’est le cimetière de Ruliba, au pied du mont Rubavu, dans l’ancienne commune urbaine du même nom. Ici, les habitants de la petite ville de Gisenyi, frontalière de Goma, dans l’ex-Zaïre, venaient inhumer leurs morts avant 1994. « C’était la destination finale de tout habitant de Gisenyi, lorsque son parcours ici-bas prenait fin », explique Innocent Kabanda, dans ce langage imagé cher aux Rwandais.

Leurrer les Tutsis

Mais l’histoire du cimetière va brusquement changer quelques heures après l’attentat contre l’avion du président Juvénal Habyarimana, dans la soirée du 6 avril 1994. Pour leurrer les Tutsis raflés dans la ville, l’imagination des tueurs crée ce néologisme de la mort. Au petit matin du 7 avril 1994, se souvient encore Kabanda, qui était alors âgé de 13 ans, un groupe de miliciens viennent appréhender son père en lui expliquant qu’ils l’emmènent à « la Commune ». En entendant le mot « commune », le père de Kabanda pense que ces jeunes miliciens vont le conduire devant le bourgmestre (maire) de l’endroit, un ami à lui. « Le Bourgmestre est un ami, il va sûrement me libérer », dit-il, en essayant de rassurer les membres de sa famille. Muni de sa carte d’identité, il prend ainsi la route, encadré par les miliciens. « Nous ne le reverrons jamais », soupire Innocent, son fils, rescapé.

Selon les aveux de tueurs repentis, parmi lesquels Gaëtan Ndererimana, les victimes étaient mises à mort à leur arrivée à « la Commune » ou tout simplement jetées vivantes dans une énorme fosse. Quand ce fut le tour du vieux Thomas Ngayawira alias Rugotomeza d’y être conduit, raconte l’ancien milicien, il y avait au bord de la fosse, des cadavres d’hommes et de femmes du voisinage. Et Rugotomeza de s’exclamer à la vue du sang encore frais qui coulait des corps de ces personnes qu’il connaissait bien: « Pourquoi m’avez-vous menti ? Ici, ce n’est pas la Commune, c’est plutôt la Commune Rouge!». Désormais, le cimetière de Ruliba sera appelé « la Commune rouge ».

Parmi ceux qui furent emmenés à « la Commune Rouge » durant les premiers jours du génocide, se trouve Mgr Wencelas Kalibushi, alors évêque du diocèse catholique de Nyundo. Il fut enlevé et conduit au cimetière le 8 avril 1994. Sauvé in extremis suite à un ordre de la hiérarchie militaire de Gisenyi, ce prélat originaire du sud du Rwanda et qui figure parmi les rarissimes survivants de « la Commune rouge », est mort dans sa retraite en décembre 1997.

Silencieux anonymat

Ce sera un tout autre sort pour Sœur Felicita Niyitegeka, de la congrégation des Auxiliaires de l’Apostolat, à Gisenyi, dans le même diocèse de Mgr Kalibushi. Dans son couvent, cette religieuse hutue accueille, chaque jour, en cachette, des Tutsis pourchassés. Après la tombée de la nuit, par des sentiers qui lui sont familiers, elle les conduit à Goma, de l’autre côté de la frontière entre le Rwanda et le Zaïre de l’époque. Informés de cette « trahison », des miliciens menacent de la tuer avec les réfugiés cachés sous son toit. Alerté, son frère Alphonse Nzungize, lieutenant- colonel des Forces armées rwandaises (FAR), envoie des militaires pour l’évacuer. La réponse de la brave religieuse est contenue dans une missive en langue rwandaise devenue légendaire. « Cher frère, merci de vouloir m'aider. Mais au lieu de sauver ma vie en abandonnant les personnes dont j'ai la charge, 43 personnes, je choisis de mourir avec elles ». 
Le 21 avril 1994, des miliciens bien armés arrivent et somment Sœur Felicita et ses protégés de monter dans un véhicule. Direction ? La « Commune rouge » où l'un des tueurs interpelle la consacrée: « Toi, tu n'as pas peur de mourir? Tu vas voir que c'est sérieux! Tu seras tuée la dernière ». Mais elle persiste et refuse d’abandonner ceux qu’elle avait protégés jusque - là.  
Son frère, le lieutenant-colonel Nzungize, arrivera sur les lieux juste pour constater qu’elle vient de recevoir le coup de grâce. Au cimetière des Héros nationaux à Kigali, où se trouve sa tombe symbolique, il n’y a que sa photo, car son corps, jamais retrouvé, repose avec ceux de ses protégés, dans le silencieux anonymat de la « Commune rouge ».

Emmanuel Sehene Ruvugiro

RDC : Majorité et Rassemblement opposés sur la taille du futur gouvernement

  • Catégorie : Actualité

Dans leurs propositions respectives remises mardi 10 janvier à la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), la majorité présidentielle et le Rassemblement n’ont pas la même idée de la taille du futur gouvernement. Le camp du président Kabila propose une équipe gouvernementale constituée de soixante membres alors que celui d’Etienne Tshisekedi en suggère quarante-cinq.

Pour André Alain Atundu, la MP propose ce format du fait de «la fonction d'union nationale » du prochain gouvernement.

« Ce gouvernement est formé à partir d’une base large, dont il faudra tenir compte. Nous avons la majorité, les forces politiques et sociales, et la société civile signataire de l’accord du 18 octobre, nous avons le Rassemblement, le front pour le respect de la constitution et les forces signataires de l’accord de la saint sylvestre », a expliqué le porte-parole de la MP, André Alain Atundu.

Du côté du Rassemblement, on pense que « pour des raisons d’austérité budgétaire », le format du futur gouvernement devrait être réduit à 45.

Selon le journal Le Phare, les deux plateformes ont néanmoins présenté des avis presqu’identiques en ce qui concerne le profil du futur chef du gouvernement.

Pour la MP, ajoute la même source, la direction du gouvernement devrait être confiée à une personnalité affichant des qualités de :

  • Rassembleur
  • Une expertise avérée
  • Une connaissance parfaite du pays et de ses réalités
  • Qui a un haut niveau d’études

De son côté, le Rassemblement exige du futur premier ministre :

  • Le patriotisme
  • La crédibilité
  • La compétence
  • Le charisme
  • L’expertise de gestion des affaires politiques
  • L’intégrité
  • La probité morale.

Le Comité national de suivi divise aussi…

Si la  MP et le Rassemblement sont d’accord sur le nombre de trois vice-présidents qui doivent seconder le président du Comité national de suivi, ils ne s’entendent pas cependant sur la composition de cet organe technique.

La majorité propose que les membres de cette institution soient issus de la majorité, de la société civile et de l’opposition au dialogue de la cité de l’union africaine.

Une proposition qui ne rencontre pas celle du Rassemblement. Il propose un représentant de son propre camp, un du Front pour le Respect de la Constitution (MLC et Alliés) et d’un représentant de la Majorité Présidentielle.

Studio Tamani (Mali): FAMA : 5000 soldats pour renforcer l'effectif

  • Catégorie : Actualité

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5000 éléments seront recrutés en 2017 dans les différents corps de l’armée. L’annonce a été faite hier par le ministère de la défense dans un communiqué. Selon les autorités du pays, ce processus rentre dans le cadre du renforcement des capacités opérationnelles des forces de défense et de sécurité. Elles rassurent que des mesures ont été prises pour moraliser et rendre transparent le processus. Selon l'opposition, « si ces nouveaux soldats sont bien formés, ils pourront faire front aux terroristes ».

Le ministère de la défense a souligné que l’objectif du recrutement de ces 5000 éléments est de « reconstituer une armée véritablement nationale ». Les critères de sélection sont fondés, estiment ses responsables, sur les aptitudes physiques et morales, l’engagement individuel et le patriotisme.
Les services concernés sont les armées de terre et de l’air, la garde et la gendarmerie nationales. Les directions du génie militaire, des services de santé, des transmissions et télécommunications et du matériel entre autres seront aussi prises en compte.
Le département rassure aussi que des mesures ont été prises pour « moraliser le processus et le rendre transparent ». Selon les autorités, l’opération sera mise à l’abri des interventions, qu’elles jugent, intempestives et inacceptables dans le choix des personnes. Ce recrutement sera décentralisé pour une participation effective de tous, ajoute-t-elles. Les candidats qui doivent être âgés entre 18 et 22 ans pourront déposés leurs candidatures du 26 janvier au 09 février prochains dans les différents centres régionaux et du district.
Ces 5000 éléments qui seront recrutés devront s’ajouter aux combattants des groupes armés devant être intégrés dans l’armée dans le cadre de la mise en œuvre de l’accord.

L'opposition se réjouit de ce processus de renforcement de l'effectif de l'armée. Cependant elle souhaite que le choix des éléments se fasse dans la transparence et à égalité de chance. Pour le député Alkeydi Touré, si les nouveaux soldats sont bien formés, ils pourront faire front aux terroristes.

Il est joint au téléphone par Mouhamadou Touré :
« C'est une bonne nouvelle, parce que je crois que l'armée a besoin aujourd'hui d'effectif. C'est une raison aussi pour dire que tout le territoire n'est pas sécurisé par l'armée, c'est à dire qu'il y a un manque d'effectif. Mais aujourd'hui, dans la situation dans laquelle le Mali se trouve, tout le monde a dénoncé les conditions dans lesquelles les recrutements se faisaient dans le temps. Donc si simplement ce recrutement se fait dans la transparence, à égalité de chance, c'est qu'il y a eu déjà un changement. D'abord par rapport à la transparence de l'opération, les conditions et l'état d'esprit dans lesquels ça se passe. Parce que quelque soit la vaillance d'un soldat, vous avez peur de la mort. Mais les terroristes n'ont pas peur de la mort, donc ce n'est pas facile de les gérer. Mais ce qui est certain, dés l'instant qu'il y a eu un effectif consistant, un effectif bien formé qui a été recruté dans les règles de l'art et qui a eu une information requise et les connaissances dans le domaine du terrorisme, je crois que ça ne va pas absolument dissuader les terroristes, mais on va pouvoir leur faire front ».

Radio Ndeke Luka: RCA : Amnesty International dénonce l’impunité

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L’impunité reste et demeure un problème crucial en République Centrafricaine d’après Amnesty International. Dans un rapport publié ce mercredi, l’ONG de défense des droits de l’homme s’inquiète que les auteurs de crimes de guerre sont jusque là en liberté. L’organisation estime qu’il est urgent de reconstruire le système judiciaire centrafricain. 

Intitulé The long wait for justice: Accountability in Central African Republic, (la longue attente de la justice : responsabilité de la République Centrafricaine), le document indique que des dizaines de personnes, chefs de guerre, ont été soupçonnées de commettre des crimes de droit international, de graves violations des  droits humains et atteintes à ces droits depuis le déclenchement de la crise entre 2014-2016. Jusqu’à aujourd’hui, elles ont échappé à toutes enquêtes et arrestations. Les efforts consentis pour amener ces présumés auteurs à rendre compte se sont heurtés à un manque de moyens que ce soit au niveau des Casques bleus de la Minusca que de l’Etat centrafricain. 

Le rapport d’Amnesty International indique que les mis en cause se promènent en toute liberté. Aucun d’entre eux n’a été poursuivi ni arrêté. Le climat d’impunité ne fait que les encourager, mais aussi a contribué à l’augmentation des violences depuis septembre 2016. Une attaque a notamment eu lieu à Kaga-Bandoro en octobre.  Des ex-Séléka ont tué au moins 37 civils, en ont blessé 60 et ont contraint plus de 20.000 personnes à se réfugier en brousse ou sur des sites de déplacés.

En juillet 2014, l’ONG a nommément ciblé 21 personnes pour lesquelles il existait des raisons de soupçonner qu’elles avaient commis des crimes de droit international. Deux d’entre elles seulement ont été arrêtées et, aucune enquête efficace n’a été menée sur les 19 autres.

Amnesty International formule des recommandations visant entre autres la mise sur pied de la Cour pénale spéciale dans les meilleurs délais. « La Cour pénale spéciale a un rôle fondamental à jouer pour donner aux victimes de certains crimes les plus graves une chance d’obtenir justice en République centrafricaine », a déclaré Ilaria Allegrozzi, responsable des recherches sur l’Afrique centrale à Amnesty International.

Impunité

La présence et le fonctionnement des institutions judiciaires sont restés limités, à l’exception de la capitale Bangui. Les autorités judiciaires ont manqué de moyens pour enquêter sur les crimes, notamment les violations des droits humains, et pour en poursuivre les auteurs présumés.

Parmi les responsables soupçonnés de crimes relevant du droit international, dont des commandants de l’ex-Séléka, des Antibalaka et d’autres milices, rares sont ceux qui ont fait l’objet d’une information judiciaire ou qui ont été traduits en justice. Le 17 janvier 2015, Rodrigue Ngaïbona alias « Andilo », un chef Antibalaka de premier plan, a été arrêté par la Minusca dans la ville de Bouca. Il est encore en détention.

En octobre de la même année, une délégation onusienne a rencontré Nourredine Adam, un ancien commandant de l’ex-Séléka soupçonné de crimes contre l’humanité et sous le coup de sanctions de l’ONU et de mandats d’arrêt nationaux et internationaux.

Conditions de détention

En 2015, les conditions carcérales étaient toujours très mauvaises et la sécurité n’était pas assurée en prison. En août, 17 détenus, dont plusieurs hauts responsables des Antibalaka, se sont évadés de la prison de Ngaragba, à Bangui. Le 28 septembre, entre 500 et 700 détenus, dont des combattants Antibalaka, se sont évadés de la même prison alors que la ville connaissait une escalade de violence. Le 4 novembre, 11 détenus se sont évadés du centre de détention de la ville de Bria.

JusticeInfo.net: Tunisie : réécrire les programmes d’histoire pour préserver les mémoires dissidentes

  • Catégorie : Actualité

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La troisième étude du Baromètre de la justice transitionnelle, un mécanisme de recherche sur la JT, a pour objectif de réformer les manuels d’histoire

Dans ses recherches de terrain sur les rescapés de la dictature et sur les « régions victimes » de Tunisie, les équipes du Baromètre de la justice transitionnelle se rendent compte que la thématique de l’Histoire et de la mémoire traversent les préoccupations des victimes interviewées dans les différentes localités du pays. Un sentiment persiste chez les uns et les autres, celui de l’oubli officiel, sinon du déni volontaire d’évènements historiques de dimension dissidente, perpétrés au cours de la période contemporaine. Une menace pour la mémoire, estime-t-on, d’autant plus que six ans après la révolution, seules de petites retouches ont été introduites dans les manuels d’histoire.

Le Baromètre de la justice transitionnelle est un mécanisme de recherche en sciences humaines qui réunit à la fois des chercheurs nationaux du Centre Kawakibi des Transitions démocratiques basé à Tunis et des chercheurs internationaux de l’ONG hollandaise Impunity Watch et de l’Université de York, en Grande Bretagne. A l’instar de ses études précédentes, réalisées au cours des années 2015 et 2016, celle, qui vient de paraitre sur « Histoire et mémoire collective en Tunisie : des notions contrastées. Enseigner l’histoire récente et la figure de Bourguiba aujourd’hui », est une recherche qualitative. Elle est basée sur des entretiens avec des professeurs d’histoire et d’éducation civique du secondaire. Leurs critiques et évaluations des manuels scolaires donnent des pistes d’une autre manière, plus « objective » et moins partisane pour enseigner l’histoire.

« Des trois études que nous avons déjà réalisées sur la justice transitionnelle, celle-ci se démarque par l’impact immédiat qu’elle peut avoir. Puisqu’en ce moment où la Tunisie est en train de réfléchir sur la réforme de l’éducation, « Histoire et mémoire collective… » propose un projet de refonte de l’enseignement d’une discipline majeure pour les élèves tunisiens », souligne le juriste et expert en JT Wahid Ferchichi, également coordinateur de la recherche.

Mémoires exclues du programme scolaire

Avant de laisser la parole aux enseignants, les auteurs de l’étude commencent par distinguer entre histoire et mémoire.

« L’histoire est une discipline académique, fondée sur l’objectivité de la recherche et qui répond à des critères méthodologique rigoureux. La mémoire, elle, fait appel à la subjectivité d’un vécu individuel, familial, du groupe ou d’une communauté. Il faut donc reconnaitre que l’histoire n’est qu’un des nombreux facteurs déterminants de la mémoire collective, qui puise dans bien d’autres sources, dont les récits communautaires ou familiaux, les récits et les commémorations publiques ».

Les auteurs font remarquer dans leurs analyses à quel point l’interprétation des faits historiques est une tache difficile, notamment pour les sociétés en transition ou ayant traversé des périodes de conflit.

Dans leurs interviews, les enseignants semblent conscients d’une chose : l’écriture de l’histoire peut devenir un acte politique, fondamentalement partial. Ils avouent également tous les efforts qu’ils font pour distinguer entre ce qu’ils croient, ce qu’ils pensent et ce qu’ils doivent enseigner. D’autant plus qu’ils relèvent toutes les mémoires exclues du programme scolaire : les anciens rois de Tunis résumés en quatre pages, les personnages politiques contemporains occultés en faveur de l’omniprésente figure de Bourguiba, le rôle joué par la centrale syndicale escamoté, les histoires régionales passées sous silence…

 « Le passé d’un Etat est généralement considéré par les gouvernements comme une ressource importante pour l’édification de ses valeurs, et c’est souvent le propre des gouvernements autoritaires de contrôler la manière officielle dont le passé est représenté… Le recours à des mythes collectifs pour asseoir une légitimité politique conduit les communautés à se voir écrasées par des images fausses et des stéréotypes. La mémoire collective devient alors le produit de contestations sociales… », cite l’étude.

« Trop de politique a tué le culturel »

Dans leurs propositions de réformes, les enseignants regrettent la méthode de la dictée, qui incite à la passivité de l’élève, bannissant le débat et l’échange au sein de la classe. Ils recommandent de mettre en place une approche proactive, plus vivante et plus dynamique, qui prendrait en compte les instruments numériques et audiovisuels.

Pour les professeurs interviewés, la justice transitionnelle devrait remédier à l’Histoire victime de dénigrement, voire de diffamation. Selon un enseignant d’histoire à Gafsa, dans la région minière du sud du pays : « l’Instance vérité et dignité doit corriger l’histoire afin d’assurer l’équité pour tout le monde…la mémoire qui réunit le peuple ne peut que protéger contre l’extrémisme et assurer l’amour de la patrie ».

L’hégémonie de l’histoire politique dans les cours d’histoire récente apparait problématique pour les enseignants interviewés, qui sont favorables aussi à l’enseignement des faits, des évènements et des personnages artistiques et scientifiques et sociaux qui composent eux aussi l’histoire du pays.

 « Trop de politique a tué le culturel dans l’histoire moderne du pays », insiste une enseignante de Sousse, dans la région côtière du pays.

Olfa Belhassine

RDC: Eve Bazaiba appelle le Rassemblement à désigner un premier ministre « dans les 72 heures qui suivent »

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Coordonnatrice du Front pour le respect de la constitution, Eve Bazaiba Masudi appelle le Rassemblement à désigner un Premier ministre dans les trois jours qui suivent.

Elle a lancé cet appel, dimanche 8 janvier, à Radio Okapi:

«Le fait que le Front pour le respect de la constitution n’ait pas signé l’accord [du 31 décembre 2016] ne doit pas empêcher le Rassemblement de désigner le Premier ministre et la mise sur pied du nouveau gouvernement».

A l’occasion, Eve Bazaiba a demandé au Rassemblement de prendre ses responsabilités et d’éviter qu’il y ait «des boucs émissaires». Elle a rappelé que la position du Front ne gêne en rien la mise en œuvre de l’accord du Centre interdiocésain, signé sous l'égide de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO).

Le Front pour le respect de la constitution avait refusé de signer cet accord, exigeant la gestion du Conseil national de suivi et du processus électoral. Structure dont la présidence a été confiée à Etienne Tshisekedi, coordonnateur du conseil de sages du Rassemblement.

«Le Rassemblement a tout intérêt, dans les 72 heures, à désigner son Premier ministre et à faire mettre en place le gouvernement pour avoir l’investiture du Parlement et que le gouvernement se mette en œuvre», a poursuivi Eve Bazaiba.

Elle souhaite que cette équipe gouvernementale soit investie au cours de la session extraordinaire du Parlement qui se clôture le 15 janvier prochain.

«La responsabilité n’est pas du Front [pour le respect de la constitution] qui voudrait seulement jouer le rôle de la police politique pour nous rassurer de la mise en œuvre de l’accord», a ajouté Eve Bazaiba.  

L’appel de la coordonnatrice du Front pour le respect de la constitution intervient un jour après que le G7 a souhaité le Premier ministre du prochain gouvernement soit issu de l’UDPS, parti de l’opposant historique Etienne Tshisekedi.

L’accord du 31 décembre dernier prévoit que le prochain Premier ministre soit issu du Rassemblement de l’opposition, plateforme dont l’UDPS, le G7, la Dynamique de l’opposition et l’Alternance pour la Republique font partie.

Studio Tamani (Mali): Gao : 525 éléments « prêts » pour les patrouilles mixtes, selon le Coordinateur du MOC

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Les premières patrouilles dans la région de Gao sont attendues cette semaine. Après l'arrivée des combattants de la CMA la semaine dernière dans la ville de Gao, les forces maliennes et les combattants de la Plateforme et de la CMA devraient bientôt commencer les patrouilles. Le représentant spécial adjoint du secrétaire général de l'ONU qui s'est rendu vendredi sur le site s'est félicité de cette « avancée importante » dans le processus de paix.

Le chef adjoint de la Minusma a souhaité que ces patrouilles qui vont démarrer cette semaine puissent inspirer de la confiance chez les populations. Pour le représentant adjoint du secrétaire général de l'ONU au Mali, avec ce premier regroupement, le processus de paix avance désormais. Koen Davidse se réjouit du démarrage d'une étape très importante de la mise en œuvre de l'accord.

« On va commencer avec les patrouilles mixtes et donc ce sont les premières patrouilles. C'est une bonne nouvelle par ce que ça veut dire que le processus de paix est en train de devenir très concret et c'est pourquoi je suis ici pour saluer les efforts. Les efforts du gouvernement, l'autre représentant du président, du gouverneur, de la FAMA mais aussi des mouvements qui sont inclus dans les patrouilles mixtes. Je crois qu'on n'a pas fini des choses ici à Gao mais on a commencé par un processus très important et j'espère que ça va continuer la semaine prochaine. Et je crois que ça va inspirer de la confiance de la part de population ».
Selon le coordinateur du MOC, il ne reste que le feu vert de la Commission technique de sécurité pour engager les premières opérations. Il estime que l'effectif total sur le site à ce jour est de 525 éléments. Toutefois, il précise que d'autres combattants doivent rejoindre le groupe dans les prochains jours.
Pour aboutir au déblocage du processus la semaine dernière avec l'arrivée de la CMA dans la ville de Gao, les mouvements qui s'opposaient à l'arrivée de la Coordination sont parvenus à un compromis avec le gouvernement et la médiation internationale. Un quota leur a été attribué. Cependant, selon le gouverneur de Gao, ils seront obligés d'intégrer la CMA ou la Plateforme.

Seydou Traoré, gouverneur de la région de Gao :
« Le gouvernement ne peut pas se substituer à un mouvement pour désigner des gens à sa place. Donc ils ont fait cette offre à la direction de la CMA qui va examiner avec ces groupes auxquels vous faites allusion pour pouvoir les intégrer au fur et à mesure. Maintenant, on leur a fait une offre supplémentaire. 150 de surplus à repartir entre ces différents groupes qui n'ont pas été encore désignés par leur direction. Et donc ça va donner un peu plus de 200 pour les FAMA, un peu plus de 200 pour la Plateforme, un peu plus de 200 pour la CMA. Pour faire une patrouille digne de ce nom, il faut un effectif de 600. Maintenant, on peut moduler. On peut être en dessous comme on peut être en deçà ».
En attendant, les patrouilles mixtes, plusieurs fois repoussées, devraient commencer cette semaine, selon les différentes parties.